Combien d'électricité consomme une IA domestique en un an
Nous avons mesuré la consommation avec une prise connectée — celle de l'ordinateur entier, pas des seules cartes, sur une quinzaine d'heures de travail continu. La conclusion dérange l'intuition : ce n'est pas le calcul qui consomme le plus, mais le simple fait de garder la machine allumée.
Trois états, trois chiffres
| État | Consommation de la machine entière |
|---|---|
| Attend une question | 120 W |
| Travail typique | 256 W |
| Configuration la plus lourde | 352 W |
| Pic momentané | 580 W |
Les pointes à 580 W durent quelques secondes et tombent sur les passages de calcul les plus chargés. Nous avons choisi l’alimentation avec de la marge — par construction, la machine peut atteindre environ 670 W.
La facture sur un an
Toutes les mesures ci-dessous utilisent notre tarif polonais de 0,26 € (0,29 $) par kilowattheure — pour votre propre facture, remplacez-le simplement par le tarif de votre fournisseur local.
| Scénario | Par an | Coût |
|---|---|---|
| Allumée non-stop, sans travail | 1 051 kWh | 270 € (310 $) |
| Non-stop, 2 h de travail intensif par jour | 1 183 kWh | 300 € (350 $) |
| Allumée 12 h par jour, dont 2 h de travail | 657 kWh | 170 € (195 $) |
Les proportions disent tout : ajouter deux heures de vrai travail par jour n’augmente la facture que de 12 % à peine. Le reste, c’est la veille. Si vous voulez réduire le coût d’une IA domestique, ne limitez pas son usage — limitez les heures pendant lesquelles la machine reste allumée à ne rien faire.
Pourquoi la veille coûte si cher
Les cartes seules, au repos, tirent environ 52 W — près de la moitié de la consommation de l’ordinateur entier. Elles descendent alors à leur état d’économie le plus bas : cœur à 210 MHz, ventilateurs à l’arrêt, bus bridé. C’est le plancher, et nous avons vérifié qu’on ne descend pas plus bas :
Fermer les programmes ne donne rien. La consommation ne bouge pas d’un demi-watt après l’arrêt du serveur de modèles et de l’environnement graphique. Le pilote maintient cet état, que quelqu’un utilise les cartes ou non.
Décharger le pilote aggrave les choses de 70 W. Sans pilote, les cartes restent sur leurs réglages d’usine, sans gestion d’énergie — la prise affiche alors 201 W au lieu de 130. « Décharger le pilote pendant l’inactivité » est un geste dans la mauvaise direction.
Une mise en sommeil plus profonde des cartes est indisponible sur cette carte mère. Le matériel des cartes en serait capable, mais la carte mère n’expose pas le mécanisme nécessaire. Sur une plate-forme plus récente, ce point pourrait être différent — vérifiez-le si vous montez une machine à partir de zéro.
Une curiosité que nous ne savons pas expliquer : à réglages identiques, une carte tire en permanence 9 W de plus que l’autre (21 contre 30 W). Reproductible, vérifié à plusieurs reprises.
Ce que coûte le vrai travail
Le test le plus parlant : quarante exécutions où le modèle écrivait en autonomie des projets de programmation multi-modules, avec tests et documentation. Dix-sept heures de charge continue.
Total : 5,166 kWh, soit 1,32 € (1,52 $). Environ 0,03 € (0,04 $) par projet. De cette somme, 40 % correspondent au simple maintien de l’ordinateur allumé — pas au calcul.
Contrôle de la mesure : le compteur de la prise a affiché 5,21 kWh, contre 5,17 kWh obtenus par intégration de la puissance instantanée. Écart : 0,8 %.
Quel modèle est le plus sobre — et pourquoi ce n’est pas évident
| Configuration | Énergie | Puissance moyenne | Pic |
|---|---|---|---|
| À experts, avec raisonnement | 0,955 kWh | 256 W | 444 W |
| À experts, sans raisonnement | 1,023 kWh | 274 W | 498 W |
| Classique, sans raisonnement | 1,288 kWh | 350 W | 580 W |
| Classique, avec raisonnement | 1,618 kWh | 352 W | 569 W |
L’écart entre les configurations extrêmes est de 1,7× — pour le même jeu de tâches et un temps pratiquement identique.
Le modèle classique tire environ 30 % de puissance en plus malgré un temps de travail identique, car il occupe les cartes 56–58 % du temps, contre 35–39 % pour le modèle à experts. Ce dernier travaille par à-coups, entrecoupés de lancements de tests et d’outils — et pendant ces pauses, les cartes se reposent.
Le résultat le plus intéressant concerne le raisonnement, ce mode où le modèle réfléchit d’abord et répond ensuite. Sur le modèle à experts, il économise du courant (−7 % d’énergie, le pic de puissance le plus bas de tout le tableau), car des décisions plus justes signifient moins d’essais ratés. Sur le modèle classique, il coûte +26 % d’énergie — le plus gros surcoût isolé de tout le test. La même fonction, deux effets opposés, selon l’architecture du modèle.
Point de repère
Une facture de l’ordre de 170–300 € (195–350 $) par an place cette machine à peu près au niveau d’un réfrigérateur vieillissant ou d’un aquarium marin. Ce n’est pas un coût invisible, mais ce n’est pas non plus un coût qui décide du sens de l’entreprise — face aux abonnements aux services en nuage, la comparaison tourne généralement à son avantage, et les données restent à la maison.
Si vous cherchez un seul levier : programmez l’extinction de la machine pour la nuit. C’est une différence de l’ordre de 95–115 € (105–135 $) par an, plus grande que tout ce qu’on peut gagner sur le choix du modèle.
Mesure par prise connectée, intégration de la puissance instantanée sur les fenêtres temporelles des exécutions. Note méthodologique : la prise mesure l’ordinateur entier, les chiffres incluent donc aussi le travail des outils lancés par le modèle.